Face à un quinquennat macronien qui s’annonce déjà dévastateur pour le pays, la droite ne devrait pas se complaire dans ses divisions à son propre détriment, explique Laurence Trochu, présidente du Mouvement conservateur.

En Suède, le 11 septembre et, selon toute vraisemblance en Italie, le 25, la coalition des droites est en passe de remporter le pouvoir et d’accéder aux affaires. En France, depuis César, on prétend que le peuple gaulois a l’art des divisions… ce à quoi nous ne pouvons plus nous résoudre. Face à un quinquennat macronien qui s’annonce déjà dévastateur pour le pays, la droite ne devrait pas se complaire dans ses divisions à son propre détriment.

A l’occasion de la présidentielle, le parti Reconquête a apporté une résonance nouvelle dans le champ de la droite : celui de l’appel à l’union. Le Mouvement conservateur, porteur des idées fortes de la droite, allié de Reconquête, s’en veut le tremplin, de la façon la plus politique qui soit : par les idées et par le dialogue.

Par peur ou par déni, la droite a refusé depuis près de 20 ans le risque d’endosser des qualificatifs honnis, les anathèmes prononcés par la gauche morale, acceptant par là-même l’ostracisation de son électorat et sa propre stérilisation électorale. Pourtant, bien des expériences à l’étranger, de la Suède à l’Italie en passant par l’Autriche ou la Hongrie, montrent que le dépassement de ce piège est une condition pour remettre la droite au pouvoir et répondre aux attentes existentielles des peuples. Sans quoi, laissant sur le bord du chemin une part croissante de la population, notre démocratie se condamne au rétrécissement idéologique et à un bavardage qui a de moins en moins à voir avec le réel.

Il existe de multiples façons de définir la droite. Elle s’articule à mon sens selon quatre principes complémentaires : le respect de l’autorité, en particulier celle de l’Etat ; la permanence et la continuité de l’histoire française, dont le récit n’a pas à être déconstruit, mais au contraire choyé et prolongé ; la conservation et la transmission des valeurs civilisationnelles, en particulier le respect de la vie et de la dignité humaine des premiers instants à la mort naturelle, ce qui inclut la préoccupation sociale pour le bonheur de tous les Français, mais aussi de tout ce qui compose le leg de la culture française, de sa langue à son patrimoine ; et enfin la responsabilité et la prospérité économique, irriguée par le sens du travail, de l’esprit d’entreprise et d’une saine gestion, qui inclut en particulier la préservation de notre environnement et de ses ressources. Ces principes, nous les avons développés dans le Manifeste du conservatisme, publié en octobre 2020.

Allié de Reconquête, le Mouvement conservateur se fixe pour ambition d’œuvrer à ce dialogue, et à cette nécessaire victoire.

Vus sous ces angles, à des degrés divers, les partis de droite font partie d’un même continuum qui insiste plus ou moins vivement sur tel ou tel aspect. Pour LR, la responsabilité économique est primordiale. Pour le RN, c’est la question de l’autorité qui passe avant tout, avec ses déclinaisons identitaire, migratoire et pénale, toutefois peu à peu marginalisées par la dimension sociale que le RN a privilégiée ces derniers temps. Reconquête a fait le choix de tout embrasser, de bâtir sur les quatre piliers, et par conséquent de tenir la corde de l’exigence la plus élevée. C’est un défi, mais cette volonté de clarté intellectuelle et de fidélité à l’ensemble des principes de la droite lui font tenir une position centrale, à même de disposer des outils philosophiques et pratiques nécessaires au dialogue et à la victoire de nos idées.

Allié de Reconquête, le Mouvement conservateur se fixe pour ambition d’œuvrer à ce dialogue, et à cette nécessaire victoire. La législative partielle du 2 octobre à laquelle je suis candidate, dans la 2e circonscription des Yvelines, devrait en être le laboratoire : comment supporter plus longtemps que cette circonscription longtemps acquise à la droite – et qui fut celle de Valérie Pécresse – soit désormais promise par avance à un centrisme dépourvu de convictions !

A plus longue échéance, Les Républicains et le Rassemblement national préparent leurs congrès respectifs. Au sein du RN, Jordan Bardella adopte une posture de dialogue en direction des électeurs de Reconquête. Lors de la primaire LR en vue de la présidentielle, c’est en se montrant proche d’Eric Zemmour qu’Eric Ciotti a capitalisé, auprès des sympathisants, le score inattendu que l’on connaît. C’est dire la force et la puissance des constats d’une droite authentique, et de sa proposition pour l’avenir.

Oui, il est temps de susciter parmi tous les patriotes, tous les conservateurs, tous les amoureux de la France et des Français le dialogue nécessaire à la refondation, car c’est le préalable à toute victoire durable. Lui seul permettra à la droite de sortir de la malédiction qu’elle entretient tout en affirmant vouloir s’en affranchir.

Lire l’article sur le site de Valeurs : https://www.valeursactuelles.com/politique/tribune-la-refondation-des-droites-par-le-dialogue-et-les-idees-condition-de-la-victoire-de-demain