La proposition de loi initiée par Madame la députée Albane Gaillot en octobre 2020 relative au renforcement de l’accès à l’avortement, notamment à travers son allongement de 12 à 14 semaines, est en deuxième lecture à l’Assemblée Nationale. Arguant d’une difficulté croissante d’accès à l’IVG pour les femmes contraintes d’y avoir recours une fois le délai légal dépassé, ce texte entend porter le délai légal de l’avortement chirurgical de 12 à 14 semaines , étendre le délai de l’avortement à domicile de 5 à 7 semaines, autoriser la pratique de l’avortement chirurgical pour les sages femmes jusqu’à 10 semaines de grossesse et réduire considérablement le délai de réflexion préalable à cet acte pourtant jamais anodin.

 

Or,  les enquêtes menées conjointement par la délégation aux Droits des femmes et par le Comité Consultatif National d’Ethique viennent infirmer les chiffres avancés des femmes dépassant le délai légal de l’IVG « contraintes » de se rendre à l’étranger.

 

Cet acharnement idéologique nie également le principe de réalité suivant : de moins en moins de médecins ou soignants acceptent de pratiquer les avortements, reconnaissant que ce geste n’est pas anodin. Or, le Collège National des gynécologues et obstétriciens français alerte ainsi : « Les gestes nécessaires au-delà de 12 semaines de grossesse peuvent être source de complications pour les femmes et leur pénibilité pourrait entraîner une désaffection des professionnels qui les pratiquent aujourd’hui ». Et d’ajouter avec ces mots très crus sur la pratique médicale d’une IVG à 14 semaines : « Pour faire sortir la tête ossifiée de l’utérus, il faut donc l’écraser avec une pince spéciale, geste de dilacération fœtale qui est non seulement dangereux mais dont on peut comprendre qu’il puisse être choquant pour la majorité des praticiens sans qu’il n’y ait dans cette réticence une quelconque connotation religieuse ou morale.» 

 

Le projet de loi souhaite également supprimer la clause de conscience spécifique des soignants pour ne pas stigmatiser l’avortement par rapport aux autres actes médicaux.  C’est non seulement une réponse inadéquate car elle ne résoudra pas les problèmes cités, mais elle porte gravement atteinte à la liberté de conscience due à tout homme. Le Comité Consultatif d’Ethique s’est clairement exprimé contre la suppression de la clause de conscience spécifique des soignants. Il considère que “la clause de conscience spécifique souligne la singularité de l’acte médical que représente l’IVG”. Refuser de supprimer une vie n’est en effet pas la même chose que de refuser de prendre en charge un patient qui se présente, ou refuser de prescrire certains traitements médicaux.

 

Cette fuite en avant vers le tout avortement atteste surtout d’une obstination idéologique à promouvoir toujours davantage l’IVG, pourtant vécue comme un drame à la fois physique et psychologique pour de nombreuses femmes y ayant recours.

 

Le Mouvement Conservateur appelle donc les députés à s’opposer au vote de cette proposition de loi. La France s’honorerait d’engager une politique de soutien et d’accompagnement pour les femmes qui font le choix parfois difficile de poursuivre leur grossesse : logement, modes de garde, conciliation vie professionnelle et maternité sont des solutions insuffisamment explorées quand elles ne sont pas simplement abandonnées. Liberté, maternité, fraternité !